Les boucles de l'Egray en duo

Les Boucles du Val d'Egray est une course atypique car il s'agit d'une jolie course nature courue en duo.

 

Ici pour s'inscrire, il faut se trouver son binôme, un copain, un frangin, un conjoint. Pour moi cette année, j'ai choisi de courir avec celle avec qui je parcours la vie en duo et étendre notre tandem à une course où l'objectif est de passer un moment sportif ensemble, le plus fort encourageant le moins rapide.

 

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Christophe 

Coureur à pied
Webmestre de Footing Mougon 
Webmestre de  Running 79

Une course à courir en duo

La météo, ce matin là n'est pas propice à une balade en amoureux, car il pleut perturbant notre échauffement préparatoire. Toutefois, les organisateurs en fixant le départ à 9h30 ont eu le nez fin, puisque cinq minutes avant l'heure, la pluie s'arrête et nous laissera même tranquille tout au long du parcours des premiers aux derniers.

110 duos sont bien là sur la ligne de départ attendant l'heure pour s'élancer derrière deux cavaliers qui nous ouvrent la route dans les rues de Germond (un petit air de gendarmes et voleurs d'Ambazac!).

Et nous voilà lancés dans la première boucle de 6 km de ce parcours de 16 km. J'avais déjà repéré le tracé de la course et observé que les principales difficultés étaient surtout concentrées sur cette petite boucle, exception faite de la montée finale de l'Everest germo-roburien (paraît qu'ils s'appellent comme ça les locaux). Je calme donc Christelle et lui conseille d'adopter un rythme raisonnable pour passer sans encombres cette première partie. Bien nous en prend, car effectivement montées raides et descentes se succèdent. La montée dans les bois sur un sentier raide, caillouteux, mouillé et donc glissant nous contraint à adopter une allure de marche rapide prudente pour ne pas chuter et ne pas s'épuiser inutilement.

S'il pleuvait avant le départ, la température est clémente et la soif se fait sentir. La boucle de 6 km paraît alors longue après l'accumulation des difficultés et les kilomètres qui s’enchaînent. Au retour dans le village, je fais un arrêt à la voiture pour récupérer une gourde et rattraper finalement Christelle au ravitaillement sur la ligne de départ, jonction avec la seconde boucle.

Christelle qui n'avait jusqu'à présent, comme seule référence, que le trail des Traces du Loup dans le Loir et Cher pour un 17 km en près de deux heures, est satisfaite d'une moyenne bien plus favorable à ce premier point.

La deuxième boucle s'engage alors par une traversée de la vallée (qui nous vaut une belle côte à gravir) et nous amène dans la partie moins vallonnée du parcours. Les faux plats au milieu des champs se suivent et les chemins agréables permettent à la fois de reprendre une allure régulière et de discuter un peu avec les autres duos qui nous accompagnent : un frère et une sœur (le petit frère piaffant devant l'allure trop lente à son goût de sa sœur), deux collègues de travail, deux duos de copines où trois d'entre elles attendent la quatrième, jeune mariée lancée dans cette épreuve pour épater son cher et tendre.

Les kilomètres s'accumulant et les faux plats devenant usants, Christelle commence à beaucoup moins parler et marquer le coup, se désaltérant de plus en plus souvent à la gourde attendant avec impatience le 2ème ravitaillement. Il arrive enfin au 12ème km où nous croisons les marcheurs qui, eux, prennent le temps de discuter au point de ravitaillement.

A partir de maintenant, je parle beaucoup à Christelle, je l'encourage. Je la motive et la complimente de passer ce faux plat, de maintenir l'allure jusqu'au prochain virage, au prochain embranchement... C'est difficile pour elle, mais aussi pour les autres duos qui nous accompagnaient : les sourires ne sont plus là. Les quelques encouragements des personnes présentes aux carrefours sont recueillis comme des appuis dans l'effort qui devient plus dur. Surtout, que tous ont en tête la montée finale, l'Everest local qui nous attend dans le dernier kilomètre.

La dernière descente arrive enfin, glissante, la récupération n'est pas au rendez-vous car il convient de rester concentré pour ne pas tomber. J'alerte Christelle : refais ton maquillage, le photographe était en bas l'an dernier... En bas pas de photographe ! Nous attaquons la première rampe herbeuse que Christelle passe en courant. Nous doublons car les autres duos marchent. A la jonction du chemin en herbe et de la route, le photographe nous attend pour saisir les grimaces et la souffrance de l'effort. A cet endroit, Ma compagne est contrainte d'adopter l'allure marche. 30 mètres plus loin, souffle repris, je l'encourage pour repartir. Ce qu'elle fait. Nous continuons de doubler. Je la vois souffrir, je l'encourage encore mais je pense qu'elle va s'arrêter. Elle me tend la main pour que je l'aide à terminer et c'est en courant que nous terminons, main dans la main, l'ascension en maintenant l'allure jusqu'à l'arrivée à une encablure d'un duo que nous ne rattraperons pas.

Résultat : 1h42, soit près de 20 minutes de mieux pour elle que dans le Loir et Cher. Objectif plus qu'atteint pour elle et sortie longue pour moi dans la perspective du semi de Niort. Mon objectif est également atteint dans le partage de ce moment de sport avec celle qui partage mon quotidien et nous rapproche au travers de notre passion commune pour la course à pied.

Si ce petit récit avait pour objet de raconter cette course vécue du fond du peloton par deux amoureux de la course à pied, voire deux amoureux tout court.... je n'oublie pas ceux qui ont animé le spectacle en remportant les classements :

Yannick Gaujour (ASPTT Niort) et Laurent Guillou vainqueurs au scratch en 1h04'56

Marina Roux et Julien Noirault 1er duo mixte en 1h14'20

Victoire Delbée et Laure Doazan 1er duo féminin en 1h27'51

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