J – 12 Samedi 23 Juillet 2016

Chaque jour profitez de 3 rubriques différentes :

  • « Pierre de Coubertin ». Cette rubrique sera orientée sur l’histoire des Jeux.

  • « Race Results ». Les résultats principaux de l’Athlé.

  • « Vinicius ». La Mascotte nous dira tout sur les coulisses et les anecdotes des JO.

En attendant l’ouverture des Jeux Olympiques d’été (Vendredi 05 Août), version Rio de Janeiro 2016, Découvrez les deux rubriques déjà en place, à savoir « Pierre de Coubertin » et « Vinicius ».

Pierre de Coubertin – n°10

Berlin-Allemagne 1936.

Jo1936

Avec l’arrivée du régime nazi en 1933, certains pays demandent le boycott de ces JO qui servent de propagande politique à Adolf HITLER. Dans une atmosphère très particulière, l’Allemagne fait une razzia sur les médailles… (1er avec 89 médailles dont 33 en or !).

Pour la première et la dernière fois, le sport automobile est inscrit en démonstration aux JO. 125 voitures sont au départ avec de nombreuses marques allemandes… Au volant de la seule voiture britannique, l’Américaine Betty HAIG remporte l’épreuve, devenant ainsi la première femme de l’Histoire à battre des hommes sur une épreuve olympique.

Vainqueur du plongeon, l’Américaine Marjorie GESTRING est âgée de seulement 13 ans… Elle devient la plus jeune championne olympique de l’Histoire !

 

11ème édition en bref :

Du 1er au 16 Août 1936.

3963 athlètes dont 331 femmes.

49 nations, 19 sports et 129 épreuves.

19 médailles pour la France (7 en or, 6 en argent et 6 en bronze).

Porte drapeau Français : Jules NOEL (Athlétisme).

Flamme Olympique : Fritz SCHILGEN (Athlétisme).

 

Cette année-là :

Victoire du Front Populaire et formation du gouvernement socialiste Léon BLUM. Trois femmes entrent au Gouvernement.

Le ministre Français Roger SALENGRO se suicide suite à une campagne calomnieuse.

Création des congés payés.

Lancement par HITLER de la Coccinelle, une voiture qui connaitra un très grand succès dans le monde (16 millions d’exemplaires vendus).

Vinicius – n°10

Nos 3 (et uniques…) médaillés d’or des JO sur Marathon :

1900 - Michel THEATO (1878-1923), gagne le Marathon

Chaleur et abandons… mais victoire pour Michel THEATO sur les 40,260 km en 2h59’45s. (Petit rappel, ce n’est qu’en 1908 que la distance des 42,195 km fut officialisée) Lire « RIO 4 ».

Lors de la 2ème édition des JO, Michel THEATO a sacrément galéré pour filer à travers un désordre inimaginable. En effet, la course avait lieu un jeudi, en pleine semaine, alors que la capitale était en pleine activité et qu'il n'était pas question d'interrompre tout cela pour le Marathon ! Chacun fut donc dans l'obligation de se frayer un chemin à travers les tramways à vapeur, les troupeaux de moutons effarés montant aux abattoirs de la Villette, les vaches s'échappant, les jurons et les moqueries des cochers, les tricycles à pétrole, les bicyclettes, les premières motocyclettes et les massives automobiles..

C’est sous une forte chaleur étouffante que les 14 participants ont pris le départ du stade Racing Club de France (5 français, 3 anglais 3 Américains, 2 Suédois et 1 Canadien), mais seulement 7 d’entre eux ont réussi à franchir la ligne d’arrivée.

Les contestations… Âgé de 22 ans, on a prétendu que Michel THEATO était boulanger, ce qui lui aurait permis de mieux résister à la chaleur !

 

1928 – 2ème médaille d’Or de l’histoire sur Marathon grâce a Ahmed Boughéra EL OUAFI (1898-1959)

Après la fin de son engagement dans l’armée, sans ressources, Ahmed Boughéra EL OUAFI décide de travailler comme manœuvre chez Renault, sur les chaînes de montage des usines de Billancourt, aux côtés de centaines de travailleurs maghrébins. Inscrit au club du CO Billancourt, il continue à courir 15 km par jour et à participer à plusieurs courses. Rêvant de l’or olympique, il est tout d’abord sacré champion de France du Marathon en 1927 et empoche par la même occasion sa sélection pour les Jeux olympiques d’Amsterdam. Au cœur de l’été 1928, sur la ligne de départ du Marathon olympique, un athlète maghrébin sur lequel personne ne mise porte le dossard 71 frappé du coq bleu blanc rouge. Il représente la France. Au 10e km, il n’est qu’en 20e position. Mais au 32e, il remonte et arrive alors à la 3e place. Puis, à 5 km de l’arrivée, il double l’Américain Joie RAY et le Japonais Kanematsu YAMADA et parvient à la surprise générale à remporter le Marathon en 2h32’57s. La foule acclame celui qui porte fièrement le maillot français.

Si Ahmed, s’est imposé ce 5 août 1928 comme l’un des plus grands champions olympiques de sa discipline, il connaît une triste fin. Radié à vie par la Fédération Française d’Athlétisme pour avoir voulu monnayer ses talents aux États-Unis… Il sombre peu à peu dans la misère. La notoriété du « petit  Arabe » qui a porté haut les couleurs de la France n’a pas dépassé le temps de l’olympiade de 1928. Le 18 octobre 1959, dans un café de Saint-Denis, Ahmed Boughéra El OUAFI est tué par balle lors d’un règlement de compte entre militants du MNA et du FLN. À cette époque, son nom était tombé dans l’oubli, sauf pour son ami Alain MIMOUN qui avait tenu à saluer son glorieux prédécesseur lors de sa victoire au marathon des Jeux olympiques de Melbourne en 1956.

 

Mimoun1956 – Près de 30 années plus tard, Alain MIMOUN (1921-2013) remporte notre 3ème médaille d’or aux JO de Melbourne

Alain MIMOUN (Ali MIMOUN OULD KACHA, de son vrai nom) un homme d'exception comme il y en a peu, un homme qui est entré dans la légende avant d'être mort, un homme qui savait donner l'exemple en incitant les jeunes à faire du sport.

Cet ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale, né en Algérie française, a déjà obtenu 3 médailles d’argent olympiques lorsqu’il s’aligne sur le Marathon de Melbourne. Dans cette terrible épreuve, il gagne haut la main et domine le grand favori Emil ZATOPEK. Alain MIMOUN devenu populaire, et connu pour son franc-parler, voit une cinquantaine de stades porter son nom en France.

MIMOUN avait caché à tout le monde qu'il désirait faire ce Marathon. Lorsqu'il annonce la nouvelle, beaucoup rigolent : trop âgé (35 ans à l'époque), il est fini… il n'a jamais fait de Marathon et il commence par un Marathon olympique ! Seul son ami et rival Emil ZATOPEK le prend au sérieux, lui disant: " je n'ai pas peur de MIHALIC, mais les Russes m'inquiètent... Les Russes et toi !! " Aucune phrase ne peut faire plus plaisir à Alain MIMOUN, lui qui a toujours subi la loi du Tchèque, finissant à chaque fois dans l'ombre de ce formidable athlète.

MIMOUN ne promit pas la victoire à son entraîneur, Joseph MAIGROT du Racing Club de France: « Vous savez, je ne promets rien. Je ferai seulement mon possible pour aller jusqu'au bout ». Mais, très sensible aux « signes » du destin, il était persuadé de gagner. Les signes, souvent évoqués par Alain MIMOUN après la course, étaient multiples aux yeux du fondeur français. Il portait le dossard numéro 13. La course débuta à 15 h 13. La veille de la course, il apprend par télégramme qu'il est père d'une petite fille qu'il prénomme Olympe. Pour MIMOUN, qui dispute le premier marathon de sa carrière, la victoire de 1956 devait revenir aux Français, qui l'avaient déjà emportée en 1900 et 1928 (1928 + 28 = 1956).

Le 1er Décembre 1956, les quarante-cinq concurrents, représentant vingt-trois nations, s'élancent sous une chaleur accablante (36 °C à l'ombre) pour les 42,195 km du parcours. (Ndlr, ce qui me rassure, c’est que le « Détraquage Climatique », ne date pas d’hier…)

Après une longue course tactique et épuisante, Alain MIMOUN aperçoit le mât du stade olympique, à plus de trois kilomètres de la ligne d'arrivée, il accélère la cadence. Il entre dans le Melbourne Cricket Ground à 17 h 37 sous les ovations de 120 000 spectateurs et devient ainsi champion olympique du Marathon. Épreuve qu'il remporte en 2h25, devant le Yougoslave Franjo MIHALIC et le Finlandais Veikko KARVONEN.

À l'arrivée, MIMOUN se précipite vers son ami ZATOPEK et lui dit : « Tu ne me félicites pas Emil ? ». Sixième à l'arrivée et complètement exténué, Emil ZATOPEK pensait fortement que MIHALIC était le vainqueur. Son visage s'éclaira quand MIMOUN lui annonça la nouvelle. Il se mit alors au garde à vous, retira sa casquette, et félicita le vainqueur : « Alain, je suis heureux pour toi » Et ils s'enlacèrent pendant de longues secondes. C'était la dernière fois que ces deux-là s'alignaient sur la même distance.

À l’aéroport d’Orly, MIMOUN est accueilli en héros par une foule considérable et porté en triomphe. Déjà désigné champion des champions français par le journal L’Équipe en 1949, il connaît de nouveau cet honneur en Décembre 1956.

 

OP Rat370 pour la CDCHS 79 / Spécial JO RIO – J-12 / n°10 – Juillet 2016

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